Ça y est le froid est arrivé, le sapin est décoré, le calendrier de l’avant déjà bien entamé, vous l’avez compris c’est bientôt Noël. Et pour nous qui sommes atteints de ces maladies incomprises chiantes et inutiles (celle-là je l’ai piqué dans une vidéo de MICI mode d’emploi), les repas de réveillon peuvent être source d’appréhension.  

 

– Salut je t’appelle parce qu’on est en train de préparer le menu Noël et du coup on se demandait ce que tu pouvais manger (ah oui pour info là on est fin novembre)

– Je sais pas trop quoi dire je ne sais pas comment je vais me sentir dans un mois, j’espère que je pourrais manger ce que je veux. Mais ne vous inquiétez pas j’ai l’habitude je m’adapterais.

– Non mais vraiment dis-moi ce que tu peux manger parce qu’avec ta maladie je sais que c’est un peu spécial. S’il il faut, on mangera tous comme toi !

– (soyons sérieux la dernière personne qui m’a dit ça n’a pas tenu une semaine, et c’est normal on n’a pas tous les mêmes besoins). Non surtout pas, on fait comme d’habitude et moi je verrais bien comment je me sens ce jour là, dans le pire des cas tu as bien un paquet de riz dans ton placard !

 

Vous aussi vous avez déjà eu cette conversation ? Moi j’y ai droit tous les ans. Franchement je ne vais pas me plaindre, ça part d’une très bonne intention. Ils ne veulent pas que je me sente à l’écart, mais ne réalisent pas que je n’ai pas besoin qu’on me rappelle en permanence que j’ai une MICI, elle sait très bien se manifester toute seule celle là.  

 

Et puis pour moi il y a une relation particulière entre Noël et ma maladie. Ma première coloscopie c’était le 21 décembre 2012. Le diagnostic était sans appel, pancolite, c’est à dire une rectocolite hémorragique qui touchait la totalité du colon. Alors autant vous dire que question alimentation je ne pouvais plus manger grand-chose et fêter Noël avec un régime sans résidu c’est pas super rigolo. Quand on mange un menu enfant, coquillette jambon, pendant que les autres se régalent avec des toasts de foie gras et qu’on boit un verre d’eau pendant qu’ils dégustent une coupe de champagne c’est légèrement frustrant.  

 

Cette année ça va mieux. En ce moment je suis un traitement qui fonctionne et donc je peux me permettre une alimentation un peu plus variée. Je dis un peu plus parce que je ne peux pas non plus manger ce que je veux. Je ne sais pas pour vous mais moi même en rémission côté digestion c’est pas le top. Il semblerait que je cumule rectocolite et colopathie fonctionnelle ou syndrome de l’intestin irritable.

 

Du coup mon alimentation c’est devenu ma préoccupation « number one ». J’ai essayé pas mal de choses le régime sans résidus, sans résidu élargi, le régime sans FODMAP. J’ai écrit un article le mois dernier sur ce régime : https://lesateliersdecamille.fr/mon-experience-du-regime-fodmap/

Mais ce qui fonctionne le mieux au quotidien, pour moi, c’est l’alimentation en conscience. Le jour où j’ai décidé de vraiment m’écouter, et de manger ce que corps me réclamait sans chercher à comprendre pourquoi, les choses se sont améliorées. C’est assez bizarre d’ailleurs parfois. Par exemple, la plupart du temps je ne digère pas le lait, et ce depuis que je suis petite. Et pourtant parfois j’ai très envie, surtout l’hiver, de boire un chocolat chaud (que je prépare moitié au lait entier bio et moitié au lait de noisettes parce que je suis un peu gourmande !!). Et là, allez savoir pourquoi, ça passe tout seul. Comme si mon corps acceptait de digérer certains aliments uniquement quand il en a besoin. Bon honnêtement, avec le recul, la plupart du temps il y a une bonne raison à ce dont j’ai envie, j’ai simplement accepter de lâcher prise et de ne pas toujours chercher à savoir de quoi il s’agissait.  

 

Alors quand on me demande, trois semaines avant, ce que je vais pouvoir manger le jour de Noël, franchement comment voulez-vous que je réponde ? Je ne sais pas.

 

Pour moi, les invitations c’est toujours un peu compliqué et puis parfois même si j’entends bien mon corps me dire « non, ne mange pas ce toast de foie gras » mon odorat et ma vue me titillent les papilles comme pour me dire aller juste un petit peu… Bon j’avoue il m’arrive de craquer.  

 

Alors, avec le temps, j’ai trouvé des petits trucs qui me permettent de mieux gérer ces moments-là :

  • Je me fais plaisir mais avec de petites quantités, et pas tout sur un même repas. Pareil pour l’alcool je ne vais boire qu’une petite coupe de Champagne, ou un seul verre de vin histoire de trinquer avec les autres.
  • Je prends le temps de bien mâcher et de bien savourer chaque bouchée, c’est d’autant plus important qu’elles ne sont pas nombreuses.
  • Je ne mange pas de pain, ni même de dessert, que je réserve pour le goûter.
  • Je bois une tisane de menthe poivrée après le repas.
  • Je pratique la méditation de façon régulière (surtout si il y a quelques tensions familiales)
  • Il m’arrive même de prendre un antidiarrhéique en prévention.

 

Parce que la période de Noël ce n’est pas seulement un repas et ça serait dommage de se priver de tout le reste juste pour éviter ce moment-là. C’est aussi, et surtout, un moment de partage, une période où l’on se retrouve en famille, où l’on voit des personnes que l’on n’a pas vu, parfois depuis plusieurs mois, alors hors de question de gâcher ça.  

 

Alors que vous soyez en crise, en rémission, ou un proche, passez de belles fêtes de fin d’année et profitez de l’instant présent.